La vie est revenue ! Des os, des crânes, des valises bourrées de mémoires décomposées, cœur impénétrable, doigts et yeux. Chaque chose retourne à l’intérieur de son caveau d’air et de boue. Revenir à la terre, remuer la poussière et se retrouver encore parmi des corps versatiles comme des cadavres fous. Et l’on tuerait bien une heure ou une éternité, un souvenir ou un pou, pour recouvrer les chagrins profonds dans l’âme, pour pleurer des larmes belles comme des diamants taillés dans l’iris, pour revenir encore un peu, revenir là où l’on est morts, morts d’amour ou morts de nous. Faire à nouveau naufrage à l’intérieur d’une illusion restée nulle part et rouvrir une pensée au-dedans du miroir enfumé …
On remue les tiroirs du fond, on se raccroche à ce frêle fil de mélancolie qui ne relie plus le crâne au cœur, qui ne lie plus l’ici et le là. Plus rien ne vient, le chagrin même a rejoint la rivière sèche du souvenir. Envolée sauvage vers ce monde ancien où tout brûle sans l’éclat écarlate de la flamme – douleur sèche, tristesse glaciale, férocité des corps, procession d’âmes bénies à l’or blanc des cieux. Le crâne revient tout entier et la lucidité nous entraine dans une autre façon de rêver. Tout est à refaire, les murs sont redevenus des murs, le chemin s’achève exactement là où commence la liberté du pied. Marcher comme pour rejoindre le cimetière des sages, l’éternité des fous  !
Et la morsure cruelle du temps se referme comme un œil épuisé par un songe tombé dans le vide.

mnbvc

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Arrive un jour où le monde nous regarde
avec ses entrelacs de poussière
et jusqu’à la racine du regard
où la pensée perçoit ses limites enroulées –
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et l’on sait alors qu’il nous faut retenir
la matière profonde de la matière
et afin de ne pas sombrer en surface.

Tout sauf l’abîme épais que la lumière disperse ;
les petits arrangements avec la vie,
avec Dieu, avec la rancœur, avec l’ordinaire
ou avec nous.

Tout sauf la cécité des regards conceptualisés jusqu’à l’âme.

Sans arrogance et sans mépris ; prendre encore de la distance
et afin de tout regarder du dedans,
du plus près
et au dedans du tout.

pb

 

Autres annotations qui fuient vers l’envers d’où elles me reviennent

Je sais que la vie est faite d’autant de distances que de géographies que mon intellect comprend, mais que je ne comprends pas. Il existe différentes façons d’exister et j’existe de différentes manières qui s’opposent autant qu’elles se rejoignent sur l’envers de la matière. Ce qui m’échappe, me revient sous une forme qui parfois m’échappe elle aussi. Les murs de la ruine qui me fait face en ce moment, sont pleins d’air et de vent, d’un sentiment qui, par les interstices et dans l’intervalle du regard, transcende la pierre qui, à son tour, transcende le regard – à moins que ce soit dans la direction inverse – ou, peut-être qu’il n’y a pas de direction et que le sentiment lui-même est la pierre et est le regard. Les yeux sont le leurre du regard, tout comme les mots sont le piège du langage. Le silence aussi peut être un leurre, un artifice de l’expression. Je ne comprends pas bien la différence qu’il y a entre dire et ne pas dire, entre faire et défaire. L’absence de gestes est un geste qui peut être un mur ou un chemin, une caresse ou un poing.
Ce que je ne comprends pas, parfois me comprend et me soutient – ce que je comprends, parfois ne me comprends pas. Il existe une ligne transversale, un fil invisible, un tissu étrange, un alphabet inintelligible et il existe un regard qui nous regarde quand nous ne le regardons pas et quand, peut-être lui-même ne nous regarde pas.

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Il est des gens qui lisent les mots comme si c’étaient des mots,
qui écoutent le silence comme si c’était du silence,
qui regardent un visage comme si c’était un visage.
Il est des gens qui regardent la pierre comme si c’était de la pierre
et il y est des gens qui existent d’une seule et même manière.

pb

 

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