Maintenant que j’aime les grands froids, il ne neige plus souvent. J’entends encore parfois un vent de mélancolie qui fait tourbillonner un ciel trempé de boue, mon coeur emboué par des troublantes rêveries, prend l’aspect d’une douleur ruisselante de sang et, mon goût pour les blafardes saisons est pareil à un fleuve en pleurs et en feu. Maintenant que la mort me regarde de plus près, je n’ai plus peur des ténèbres qui dévorent les vieilles passions. C’est dans l’ombre que je suis au plus près de la source, là où il n’y a ni erreur ni oubli, là où le bruit du silence est le son guttural du cœur, là où le désir fiévreux pleut sur les vitres comme un fragment liquide de l’âme. Parce que j’ai perdu mes yeux, la lumière ne divise plus mes nuits d’opale et de saphir. Parce que je n’ai plus peur du froid, mon sang brûle comme un volcan qui repend ses cendres vermeilles dans les airs. Et parce que je n’aime plus, tout l’amour m’est revenu comme un écho d’éternité enfermé dans sa rêverie.

Maintenant que ronces et broussailles ont recouvert tous les chemins ;
maintenant que l’image au fond du miroir a brisé le bleu des cieux,
je n’ai plus peur de l’envol dans son revers sans fin ni conditions.

pb

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